Pourquoi je n’aime pas la comparaison entre le libre et le bio

le libre et le bio
le libre et le bio
Le libre et le bio : Depuis quelques années, j’entends souvent dans le milieu du libre une comparaison entre le logiciel libre et l’agriculture biologique, en gros le fait de remplacer l’agriculture qui utilise massivement les pesticide et les OGM par du bio est transposé au fait de remplacer les logiciels privateurs et les GAFAM par des logiciels libres.

Cette comparaison entre le libre et le bio me dérange un peu, même si c’est vrai qu’il existe des points communs entre l’agriculture biologique et le logiciel libre.
Nous le savons, il est plus sain de manger BIO, car cela nous évite de nous empoisonner et empoisonner la nature avec des aliments bourrés de pesticides et d’additifs alimentaires et/ou génétiquement modifiés dont la répercussion sur la santé n’est plus à démontrer.
Mais cela ne s’arrête pas là, manger BIO exprimer aussi le fait de dire « NON » à une agriculture intensive irrespectueuse de l’équilibre écologique des sols et de la nature, et donc dire « NON » aux géants du secteur comme Bayer-Monsanto, DuPont-Dow et bien d’autre.
Comme il est plus à démontrer que l’utilisation des logiciels libres est plus saine pour nos libertés et nos données personnelles, plus seine pour le partage de savoir et de la culture, que d’utiliser les logiciels/services des géants de la Silicone-Valley

Je ne nie pas ces similitudes, mais pour moi, elles sont insuffisantes pour en faire une règle.

Non le libre et le bio c’est pas Kifkif

Non le libre ce n’est pas comme le bio pour plusieurs raisons :

Aujourd’hui tout le monde est convaincu par le bien fait des produits biologiques, il suffit de demander à n’importe quelle personne de votre entourage si elle préfère manger bio ou non, vous aurez une réponse affirmative et sans ambiguïté.
Mais si vous demandez si elle préfère l’utilisation des logiciels libres ou non, je ne pense pas que vous aurez autant de réponses positives et aussi bien argumentées que sur le bio (ne demander pas à votre entourage direct ! bande de Geek c’est de la triche).

Ensuite, le BIO est cher, et il est aujourd’hui exclusif économiquement parlant, seule une partie aisée de la société peut se permettre de manger BIO tous les jours, ce qui n’est pas le cas de tout le monde ou de la tranche la plus modeste de notre société, qui peine déjà à se nourrir correctement, pour eux le bio est un beau rêve qui reste au jour d’aujourd’hui inaccessible.

Le logiciel libre, philosophie comprise, est au contraire inclusif économiquement, tout le monde peut en bénéficier, et pas la peine d’avoir le dernière machine de la mort qui tue pour installer VLC, Audacity, libreOffice etc..
Dans certain cas, c’est vrai que l’accès aux logiciels libres peut être compliqué, notamment pour l’installation d’une distribution GNU/Linux, mais il existe une communauté ouverte et dynamique prête à donner un coup de main bénévolement sans dépenser un centime.

Les pesticides tuent

Le dernier point est le plus important à mes yeux, c’est qu’il ne faut pas comparer l’incomparable.

Les pesticides et les OGM sont des poisons, et aujourd’hui le problème est non seulement écologique comme leurs effets sur les abeilles, économique avec les brevetages de graine comme le riz, mais il est aussi et surtout un problème de santé publique. La multiplication de cas de cancers, de malformations génétiques et de maladies neurologiques on sont la preuve.

Et aujourd’hui, le risque d’utiliser un logiciels privateurs ou des services comme Facebook, Twitter ou Google n’est pas aussi destructeurs que les poisons que nous ingérons tous les jours.
Et c’est pour cela que je n’aime pas cette transposition entre le libre et le bio, cela reste mon humble avis et je ne demande à personne d’y adhérer.

Zenzla

À propos de Zenzla

Je suis un passionné des logiciels libres, et tous ce qui tourne autour!! j'essaie de plus en plus de me débarrasser de l'oppression des Big Brothers du net. Je suis aussi Formateur en base de donnée, Gnu/Linux et bien autre chose.

2 réflexions sur “ Pourquoi je n’aime pas la comparaison entre le libre et le bio ”

  • Zenzla
    7 décembre, 2016 à 12 h 30 min
    Permalink

    Salut Gordon,

    Sur la première partie de ton commentaire, je suis Ok avec toi, et c’est ce que je dis dans l’article.

    Là ou tu te trompes, c’est qu’à aucun moment j’ai mentionné que le libre est gratuit, au contraire, j’adhère totalement à ce que tu dis.
    Ma phrase exacte est:
    “… mais il existe une communauté ouverte et dynamique prête à donner un coup de main bénévolement sans dépenser un centime…”
    Oui, dans les Install Partie, l’installation d’un OS libre elle-même est gratuite.
    La preuve que je suis en total accord avec toi ce sujet, tu peux voir ma conf à la dernière UbuntuPary ou je parle notamment des sacrifices que nous devons faire.

    http://media.ubuntu-paris.org/videos/16.10/vie-privee-petits-sacrifices.webm

    Sur ta dernière remarque, si j’abonde dans ton sens, tous peut tuer !! même un logiciel libre.
    Mais en aucun cas c’est comprable avec les poisons que nous ingérons tous les jours.
    Est c’est ce que je dis ” … le risque d’utiliser un logiciels privateurs ou des services comme Facebook, Twitter ou Google n’est pas AUSSI DESTRUCTEURS…”
    Donc oui, il y a un danger à utiliser le privateur, mais ce n’est pas à la même échelle.

    zenzla

    Réponse
  • 28 novembre, 2016 à 15 h 32 min
    Permalink

    Je ne suis foncièrement pas d’accord avec l’essentiel de cet article.

    Sur l’idée d’abord. La raison pour laquelle on utilise cette comparaison entre bio et logiciel libre est d’ancrer nos explications dans un contexte connu par les personnes. Pour leur faire comprendre ce qui oppose d’un côté l’industrie capitaliste et de l’autre la production à échelle humaine, centrée sur des valeurs éthiques. Parce que quand on parle de libre, à la chose la plus importante à mon sens est de faire comprendre que c’est une question de **valeurs**. En ce sens, la comparaison est non seulement légitime, mais comme tu le démontres toi-même, elle est efficace en cela qu’elle permet de mettre très facilement un concept sur ce terme, qu’une grande partie de la population ne connaît pas (ou juge trop technique pour être important).

    Parce que l’article semble s’acharner à dire « le libre et le bio c’est quand même différent, alors il ne faut pas utiliser cette comparaison ». Toute analogie a bien évidemment ses limites, et il n’a jamais été question de coller le logo « agriculture biologique » sur Firefox ou Debian. Alors si tu te convaincs du contraire, évidemment il y aura à écrire, mais je ne sais pas ce que ça peut apporter.

    Maintenant, sur les arguments en eux-mêmes. Je suis choqué par l’argument du prix. Sans oublier que « libre » ne signifie pas « gratuit », il est structurellement faux d’imaginer que le libre n’a pas de coût.

    – Dans son développement, lorsque celui-ci est communautaire, un temps considérable est accordé au projet. Que celui-ci soit sur du temps salarié (une contribution à du logiciel libre au sein d’une société) ou sur du temps libre, il s’agit de temps, et le temps a une valeur. À un moment ou un autre, ce temps doit être rémunéré, parce qu’un·e développeur·euse, ça a besoin de manger. Si personne ne débourse d’argent pour du logiciel libre, celui-ci, en tant qu’ensemble, disparaît.
    – De la même façon, si on laisse la personne à l’origine d’un projet libre se débrouiller sans l’aider, le projet a toutes les chances d’être abandonné. Donc le libre a également ce coût, qui implique que si on veut qu’un projet survive, il est utile, important, voire vital, de s’y impliquer. Donc de donner de son propre temps.
    – Enfin, le coût d’utilisation du logiciel libre est évidemment non négligeable. Outre le besoin de se documenter, et la qualité de la documentation (trop souvent négligée), le fait que les interfaces, faute d’expertise, soient souvent moins ergonomiques que dans des logiciels privateurs. Le fait qu’ils soient adressés à un public particulier, donc non-triviaux à prendre en main pour des débutants, par exemple. Tout cela a un coût important, souvent bien plus grand que l’utilisation (ou devrais-je dire la consommation) de logiciels ou services privateurs. Le meilleur exemple est l’utilisation de gmail pour ses comptes e-mail : on ne dépense pas d’argent (mais ce n’est pas gratuit), c’est immédiatement fonctionnel, stable, on a une interface utilisable partout, on a une certaine sécurité du compte (double-authentification relativement pratique), un anti-spam relativement efficace. De l’autre côté, déployer son propre service de mail, et le maintenir, requiert : des ressources serveur, des compétences techniques, du temps, de la veille (pour se tenir informé·e des failles, des évolutions de bonnes pratiques)…

    Je passe rapidement sur le dernier argument, « faut pas comparer parce que les pesticides tuent ». L’utilisation de systèmes Microsoft pour les opposants tunisiens en 2011 a également tué, pour ne citer qu’un exemple.

    Réponse

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